Canal + a aujourd’hui 25 ans, l’occasion de faire un retour en arrière vers ce temps où il n’existait que trois chaines de télévision en France.
Trois chaines de télévision publiques, TF1, Antenne 2 et FR3. Imaginez, nous sommes en novembre 1984, le président François Mitterrand est au pouvoir depuis plus de trois ans, et la libéralisation de l’audiovisuel, qu’il avait promise, n’apparait qu’à travers une certaine liberté de ton dans les journaux télévisés. C’est peu.
Comme tous les hommes politiques, François Mitterrand a peur de perdre le contrôle sur l’information télévisée. Certes, il a créé la Haute Autorité. Cette instance est chargée de nommer les patrons de chaînes, et symboliser une relative indépendance... vous savez que depuis l’an dernier, la nomination est retournée à la présidence. Côté nouvelles télévisions, le gouvernement socialiste imagine plutôt une interactivité élus/citoyens à travers un réseau câblé. L’idée s’est heurtée à l’époque à de grosses difficultés techniques.... On est encore loin de la génération internet. Le premier pas dans la télévision privée va être prudent : une télévision à péage, dirigée par André Rousselet, ancien chef de cabinet de François Mitterrand. Rien de politique cependant à l’antenne de Canal + d’après Michel Denisot, qui ce 4 novembre, ouvrait l’antenne avec Gérard Depardieu comme invité.
Le cinéma et le sport sont les deux piliers de Canal + dès les premiers jours. Le 4 novembre 1984, à 11h du matin, la chaîne diffuse son premier film : l’As des As, avec Jean-Paul Belmondo, un film qui était sorti en salle en 1982. 5 jours plus tard, le match Nantes/Monaco ouvre le volet football. Canal + va bouleverser au fil du temps la couverture des matchs et faire pénétrer les caméras dans les coulisses.
Revenons à ce 4 novembre, il y a 25 ans, à 19h, l’émission Tous en Scène introduit notamment les films de la soirée, son présentateur, Patrick Poivre d’Arvor, se souvient d’une période excitante et d’une équipe soudée où l’on retrouvait Christophe Dechavanne ou Dominique Farrugia. A ce moment-là, les difficultés sont nombreuses, décodeurs défectueux et autres pannes techniques se succèdent. Certains des 110 000 premiers abonnés crient "remboursez", raconte Patrick Poivre d’Arvor qui exprime son admiration pour l’équipe de direction de qui a su tenir le coup.
Philippe Gildas a présenté les premiers "Nulle Part ailleurs en 1987, l’année des Nuls également, en 88 arrivent Les Arènes de l’Info, bientôt rebaptisées Guignols. Mais on a commencé à rire à l’antenne bien avant. Michel Denisot évoque Coluche 1 Faux. L’émission de Coluche voulue par Pierre Lescure a démarré en octobre 1985 et a contribué au développement des abonnements, tout comme, depuis le mois d’aout 85, le fameux porno du samedi soir. Parallèlement, les difficultés techniques s’aplanissent, le public adhère à l’idée de chaine à péage. En 1986, Canal fête son premier million d’abonnés. Et cela, juste avant que le paysage audiovisuel soit bouleversé par l’arrivée, la même année, de feu La V et de TV6, bientôt M6... et en 87 par la privatisation de TF1.
Source: Frane Info (réalisé par Danièle Ohayon)
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