14 nov. 2009

Voiture électrique: Le pari audacieux de Renault


Renault a annoncé la mise sur le marché en 2011-2012 d'une gamme complète de véhicules électriques. Un pari audacieux mais risqué.

Le P-dg de Renault-Nissan prend un risque en affirmant que «les voitures électriques représenteront 10% du marché de l'automobile dans dix ans». Mais au moment où Warren Buffet, spéculateur avisé, investit dans un constructeur chinois de batteries rechargeables, Carlos Ghosn a raison de vouloir proposer rapidement des véhicules qui n'émettent pas du tout de CO2. Quatre obstacles s'opposent à un essor immédiat et important des voitures entièrement électriques. Elles sont chères parce que leur coût de fabrication représente 150% de celui d'un véhicule à essence. Certains prototypes annoncent une autonomie de 300km mais la plupart des modèles ne pourront pas parcourir plus de 160km sans se brancher sur une prise de courant. Les infrastructures de recharge des batteries ne sont pas prêtes.


Des prévisions prudentes

En admettant que ces infrastructures se déploient et qu'un nombre significatif de voitures électriques circulent, il faudrait augmenter de 15% une production d'électricité qui est déjà aux limites de ses capacités en hiver. D'où des prévisions moins enthousiastes que celles de Carlos Ghosn. Plutôt que 10% du marché mondial, la prospective situe entre 1,5% et 5% le pourcentage de véhicules entièrement propres dans dix ans. C'est seulement vers 2050 que la voiture électrique s'imposerait.


Compétition technologique

Pourtant, le volontarisme visionnaire du P-dg de Renault repose sur une réflexion lucide. Les réserves de pétrole s'épuisent. L'Agence internationale de l'Energie est accusée de minimiser l'imminence d'une pénurie mondiale sous la pression des Etats-Unis soucieux d'éviter une panique. Le prix de l'essence ne peut qu'augmenter dans les années qui viennent. La réduction des émissions de CO2 est une contrainte incontournable. Les gouvernements multiplient les incitations financières pour accélérer la mise au point de solutions de mobilité durable. La compétition technologique est lancée entre les firmes américaines, canadiennes, européennes, japonaises et chinoises. Warren Buffet, le milliardaire qui -jusqu'à présent- ne s'est jamais trompé dans ses grandes opérations spéculatives, vient de prendre 10% du capital de la société chinoise BYD, deuxième concepteur mondial de batteries rechargeables. En attendant que l'hydrogène ou un autre combustible propre s'impose, il n'est pas utopique d'envisager davantage de voitures électriques en ville ainsi que des économies substantielles en carburant et en pollution pour les véhicules utilitaires d'entreprises, à l'instar des efforts déployés dans ce domaine par La Poste.

Source: Le telegramme (Alain Joannès)

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